Activités Forums Hors-sujet Pris à mon propre piège.

1 réponse, 2 voix Mis à jour par  Nine il y a 3 semaines et 3 jours
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  • #227222

    Gilles Lover
    Participant
    @translover

    Bonjour à tous et à toutes, permettez-moi de me présenter. Je me prénomme Gilles, jai 34 ans et je suis africain. Je suis informaticien. Veuillez m’excuser pour cette longue lettre (en fait, j’ai vraiment pas le choix si je veux me faire comprendre ).
    En fait, je tenais à partager avec vous un mal que je traîne depuis plus de 10 ans pour des éventuels conseils de votre part. Il faut dire depuis très jeune, j’avais une certaine fascination pour les personnes du troisième sexe (travesti pour être plus précis). Et cette fascination s’est transformée peu à peu à une attirance.
    Et plus je grandissais, je cachais ce sentiment à cause des parents et surtout à cause de mon père très sévère à l’époque, qui n’hésitait pas à te donner une sévère correction pour une faute jugée grave. Et cette crainte de me faire sérieusement bastonner par mon père à finir par l’emporter sur ce que je ressentais à mon jeune âge parce que savoir que tes parents savent pour ton homosexualité te valais un bannissement total.
    A partir de là, tout se passait très bien pour moi jusqu’à ce que n’obtienne du travail en 2007.
    Ce n’est qu’en 2010 jusqu’au moment où j’écris cette note, ce sentiment démeure. J’ai essayé (d’après moi) de le renier; parce que revendiquant mon  hétérosexualité à part entière et viril de surcroît ne pouvait avoir ce sentiment. En réalité, je nai jamais voulu faire face à cause du regard des autres quand on sait que homosexualité est très mal vue chez nous en Afrique, et aussi, je pouvais perdre mon emploi si ça se savait. Et je nai plus cherché à me poser des questions concernant mon homosexualité à cette époque jusquà ce que je me marie.
    Jusqu’aujourd’hui, j’ai l’impression de n’avoir pas fait ce qu’il fallait faire depuis longtemps même si cela comportait des risques. J’aurai accepté l’idée de fantasmer et de curiosité, mais je crois que cela va au-delà du fantasme, mais un sentiment dêtre destiné à n’aimer et être aimé que par les femmes du 3ème sexe. Et toutes celles (travesties) que jai rencontrées me lon dit.
    J’ai par la suite fait la rencontre d’une femme du 3è sexe (travestie) de qui je suis tombé amoureux. Et le courant est vite passé le premier jour. Mais malheureusement ça na pas marché parce que n’ayant jamais vécu une double vie, je n’ai pas su me prendre et elle est partie. Je crois que cet amour que j’avais pour demeure deux ans après cette rupture. Le simple de penser à elle me fait vraiment mal.
    Pour accepter d’être avec moi, elle (la travestie) ma demandé de dire à ma femme concernant ma bisexualité et mon amour pour elle, mais je ne l’ai pas fait, ce qui nous a valu cette séparation. J’ai ensuite essayé de tout avouer à ma femme mais je ny suis pas parvenu; craignant encore une fois de plus la réaction de nos deux (02) familles ainsi que celle de mes collègues qui pour la plupart étaient à notre mariage.
    Je continue de maudire le jour où j’ai renié ce sentiment et je me sens comme être pris à mon propre piège parce que ne voulant pas faire de mal à ma femme.
    Aujourd’hui, la seule pensée qui me vient de façon récurrente à l’esprit, est de disparaître pour de bon, partir loin de ma famille.

    Je crois que je suis au bord de la dépression du fait que je pense être la mauvaise personne à côté de la femme avec qui je vis et ne pas vivre ce que jaurais pu vivre depuis si longtemps. Que dois-je faire? Aidez-moi s’il vous plaît!

    Je crois avoir dit l’essentiel me concernant et je tiens à remercier toutes celles et tous ceux qui prendront le temps de me lire et me donner quelques conseils. Mais je pense que jamais je n’aurai le courage d’avouer à ma femme ce que j’aurai dû faire depuis longtemps. Merci

     

    #227259

    Nine
    Participant
    @Nine

    Bonjour

    Ton histoire est celle de beaucoup de gens, ici ou ailleurs. Ce n’est pas un problème africain, bien que je pense en effet que c’est plus compliqué chez toi.

    Tu dis que tu n’as pas su vivre une double vie, je te comprends, c’est compliqué. Le mieux, c’est d’en vivre une seule à la fois et de la vivre le mieux possible. A partir de là, qu’est ce qui peut t’empêcher de vivre comme tu l’entends. Le regard des autres, le bannissement, la violence sociale ou physique engendrée par la différence, ou ta propre culpabilité de ne pas correspondre à ce que l’on attend de toi, en tant qu’homme, fils, frère, ami ou mari ?

    Une phrase m’interpelle ” je pense être la mauvaise personne à côté de la femme avec qui je vis”. Pour ma part ce n’est pas de la culpabilité que tu dois ressentir, mais de la responsabilité. Si tu n’es pas heureux avec ta femme ou que tu penses que tu ne peux pas la rendre heureuse, c’est vrai que ce sera de plus en plus compliqué de te sentir bien.

    Tu évoques un éloignement de ta famille, je pense que tu dois déjà te préparer à ce que tu peux, veux faire après. Comme tout recommencement, il faut avoir un projet et un but. Est ce qu’il t’arrive de rêver ta vie idéale ? Est ce que te couper de ta famille, tes amis et peut être de gens qui pourraient t’écouter te semble vraiment la seule, la meilleure solution ?

    Sans évoquer précisément ce que tu ressens (homosexualité, orientations, fantasmes…), y a t-il quelqu’un qui te connaît et qui connaît le contexte culturel et social de la société ou tu vis, et à qui tu pourrais confier simplement tes doutes sur ta situation affective et familiale.

    Je vais pas te donner de conseils, mais je pense qu’il y a deux fronts à mener, ta famille et tes orientations de vie qui pour toi ne sont pas compatibles. Tu ne peux pas les affronter en même temps. C’est très difficile de te dire quoi faire, on a pas la même culture et nous ne vivons pas dans la même société, mais ne pense pas que ton histoire est unique.

    L’homosexualité n’est pas une maladie ni une honte, tu dois déjà t’en persuader. Elle existe depuis que l’homme ne fait plus l’amour uniquement que pour la procréation. Il n’y a pas moins d’homo en Chine en Argentine ou en Australie. C’est une chose naturelle qui a toujours été refoulée par bien des gens, des gens qui se sont mariés, qui ont eu des enfants et qui se sont tu toute leur vie. Ils ont parfois vécu leur amour, ou ont continué à se sentir frustrés, à mentir à leurs proches et à eux-mêmes. Ils sont nos grands pères, nos oncles, nos fils et nos frères, nos curés de campagne, le rambo de la jungle et le boxeur sur le ring.

    Bien à toi

     

     

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